Le Schtroumpf lambda
C'est un drame finalement commun : vouloir être exceptionnel quand on est quelqu'un de banal. Là où tant d'autres zozos et cinglés voudraient passer pour des gens de bon sens... Ce drame, c'est celui de Jean Robin.
Au fond, que dire de lui ? Il n'est ni brillant, ni drôle, ni fou, ni méchant. Il est inintéressant. On peut lui faire le pire compliment du monde : il est normal.
Il voudrait bien être un « dissident », mais il n'a pas le petit grain de folie requis pour faire partie de cette bande de dingos. Son seul cachet un tant soit peu « dissident », c'est de jouer à l'homme le plus à droite du monde. Plutôt faible, comme gimmick.
Parce que les vrais « dissidents » sont comme les Schtroumpfs : ils ont chacun un trait qui les distingue.
Schtroumpf bavard, Schtroumpf comique, Schtroumpf survivaliste, Schtroumpf dentiste, Schtroumpf buveur de thé etc.
Il faut ce trait bien marqué pour entrer dans le village « dissident ». Car le Schtroumpf lambda n'existe pas.
C'est pourquoi on hésite aussi à y mettre Michel Drac ou Pierre Hillard : ils ne sont pas assez typés ; malgré tous leurs efforts, ils font trop normaux.
